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15 juillet 2013

Retour du Kelimutu à la normal

Le VSI a décidé aujourd'hui d'abaisser le niveau d'alerte du Kelimutu, et de la ramener à son niveau le plus bas. Ce dernier avait été élevé suite à des modifications apparues dans deux des trois lacs colorés qui font la renommée de cet édifice. Une importante évaporation, ainsi qu'un changement de couleur des plus rapides et drastiques, avaient été en effet observés à cette époque.

Les lacs acides du volcan Kelimutu reviennet au calme
Comparaison d'images des lac prises en juin et en juillet: le retour au calme est bien visible. Image : VSI.

Cette décision a été prise suit à une série de mesures de gaz réalisées entre début juin et début juillet. Au cours de cette période, la vigueur du dégazage, et la mesure des différents gaz classiquement mesurés (SO2,CO2, H2S, etc.), ont montré une tendance à la baisse progressive.
Côté sismicité, les différents types de signaux enregistrés montrent aussi une tendance à la baisse, bien que la sismicité soit toujours au-dessus de la normale actuellement.

Evolution de la sismicité en juin-juillet 2013 au volcan Kelimutu
Evolution de la sismicité au Kelimutu depuis janvier 2013. Image : VSI

Source : VSI.

14 juillet 2013

Puissante explosion au Tungurahua

L'activité du Tungurahua, qui montrait des signe d'une hausse progressive depuis deux jours, a fini par produire une très puissante explosion vers 11h50 TU. Le signal sismique associé à cet événement est nettement visible sur les sismogrammes de l'IGEPN.

Le tracé du sismogramme montre nettement le départ de l'activité éruptive. Image : IGEPN.


Sur place une importante couverture nuageuse empêche d'avoir une vision claire des événements mais on peut voir, sur plusieurs images de la webcam installée à l'observatoire (15 km au nord-ouest environ) un imposant panache de cendres lié à la mise en place d'écoulements pyroclastiques, à priori dans les ravines Aschupashal et Vazcun. Les volcanologues les appellent "panache co-pyroclastiques".



Eruption du volcan Tungurahua
Le panache co-pyroclastique vu depuis l'observatoire de l'IGEPN, à environ 15 km. Image : IGEPN

Les observations préliminaires du VAAC de Washington indiquent que le panache produit par l'explosion a, quand à lui, atteint une altitude d'environ 11 000m, soit une hauteur de 6000 m puisque l'édifice atteint déjà un peu plus de 5000 m à lui tout seul. Les modèles atmosphériques indiquent que les cendres vont se disperser vers le nord dans les heures qui viennent et pourraient passer la frontière colombienne, située à 250 km. L'IGEPN indique dans un rapport spécial mis en ligne il y a quelques minutes, que le panache a été vu depuis Quito, la capitale, pourtant située à 140 km!

Prévision de la dispersion des cendres du volcan Tungurahua
Prévision de la trajectoire des cendres du Tungurahua pour la fin de journée. Image : VAAC de Washington.

 Les premiers témoignages recueillis par les volcanologues indiquent que le son de l'explosion a été entendu clairement jusqu'à Guayaquil, importante ville portuaire Equatorienne située à 170 km au sud-ouest de l'édifice! Des chutes de Cascajos ont été recensés à Huambalo, à 12 km du sommet! Ce type de retombée peut faire de gros dégâts, en particulier sur les zones cultivées.

Cascajos du volcan Tungurahua
Exemple de Cascajos, tombés lors du paroxysme de 2006. Image : volcan terre d'eveil/volcan explor-action.

Pour l'instant, aucune information n'a été transmise par les médias locaux pour savoir s'il y a des conséquences à cette activité ou non. Je ferais des mises à jours, si nécessaire, d'ici la fin de journée.


Mise àjour 19h48:
Le VAAC a revu à la hausse la hauteur initiale atteinte par le panache issu de l'explosion : il est monté jusqu'à 13 km d'altitude, soit 8000 m de hauteur. En traversant l'atmosphère lors de son ascension il a rencontré, à différents altitudes, des vents allant dans des directions sensiblement différentes. A 7000 m d'altitude les cendres ont été emportées vers l'ouest nord-ouest, tandis que vers 13000 m c'est plein nord que les cendres se sont dirigées.

Dispersion des cendres du volcan Tungurahua
Le modèle de dispersion des cendres mis à jour. On voit que le panache se scinde en deux parties distinctes. Image : VAAC de Washington.
Le journal El Comercio a publié un image du panache de cendres qui s'est développé au-dessus de l'édifice. Prise depuis la capitale, Quito, elle donne une bonne idée de l'intensité de l'explosion.

Le panache de cendres du volcan Tungurahua vu depuis Quito
Le panache de cendres du volcan Tungurahua vu depuis Quito. Image: El Comercio
Le même journal a mis en ligne une vidéo prise sous le panache, à Ambato (30 km au nord-ouest).

Sur son blog Eruptions, Erik Klemetti a par ailleurs mi en ligne un image satellite du panache, peu de temps après que l'explosion ait démarré (màj : et un gif animé montrant le panache vu par le satellite GOES 13).


maj 15 juillet 10h00

Après l'intense journée d'hier, voici quelques images de l'ambiance à proximité du Tungurahua, aux abords du petit village de Cotalo, situé juste en face de la ravine Aschupashal (versant nord-ouest) qui a canalisé l'un des écoulements pyroclastique.


végétation brûlée par les écoulement pyroclastiques du volcan Tungurahua
L'arrivée de la ravine Aschupashal. La végétation est détruite par l'écoulement pyroclastique d'hier sur au moins 300 m de large. Image : El Comercio
Les Cascajos du volcan Tungurahua
Les Cascajos tombés hier sur Cotalo, à 8 km de l'édifice. Image : El Comercio


Dépôt d'écoulement pyroclastique du volcan Tungurahua
Un écoulement pyroclastique s'est aussi mis en place vers Juive Grande (soit ravine Mandur soit ravine Palmaurcu). Image : El Comercio
nettoyage des pousses de maïs vers le volcan Tungurahua
Les agriculteurs se dépêchent de secouer leur poussent de maïs afin qu'elles ne manquent pas de lumière et ne soient pas trop abimées par le poids des cendres. Image : EL Comercio

Etudier les dépôts d'écoulement pyroclastique du volcan Tungurahua
Etude du dépôt mis en place hier dans la ravine Aschupashal: visiblement c'est un dépôt de basse température, donc plutôt lié à la destruction d'un "bouchon" de roches anciennes. Image : El Comercio.
Paysage decouvert de cendres après une explosion du volcan Tungurahua
Importants dépôts de cendres qui donnent une ambiance hivernale du côté de Juive Grande (nord-nord-ouest). Image : El Comercio.
Sources : IGEPN; VAAC de Washington; El Comercio; Eruptions

Le point sur l'éruption du Tolbachik

L'activité éruptive est bien toujours présente sur le Tolbachinsky Dol, veste zone de fractures (rift-zone) qui s'ouvre au sud du complexe Plosky-Ostry Tolbcahik. Les données thermiques récoltées par le MODVOLC montrent toujours une anomalie thermique liée à la présence des coulées. La taille de cette anomalies à toutefois fortement diminué ces derniers temps, ce qui peut aussi bien être le résultat d'une baisse du taux d'effusion que des mauvaises conditions météo de ces derniers temps, les nuages bloquant le signal thermique.



Signal thermique du volcan Tolbachik
Le signal thermique  de l'éruption hier, "vu" par le MODVOLC. Image : MODVOLC

Lors d'une mission réalisée tout début juillet, qui avait pour double objectif de faire une série de relevés GPS et d'échantillonner la lave de l'éruption en cours, les volcanologues russes ont pu faire de nouvelles observations concernant cette activité.

Pour prélever, on utilise des outils adaptés à la résistance de la roche. Image : Y. Demyanchuk

Antenne GPS. Image : Y. Demyanchuk



Premier point important: l'activité dans le cône est toujours présente. Le fond du cratère est occupé par le sommet de la colonne de magma, qui affleure. Son dégazage provoque un vigoureux brassage, une activité de type "lac de lave" mais en miniature en quelque sorte. Ce brassage est lui-même à l'origine de projections, essentiellement des bombes (au sens géologique du terme: fragments d'une taille supérieur à 64 mm), qui peuvent monter jusqu'à une centaine de mètres de hauteur.

Vue générale sur l'activité dans le cône. Image : Y.Demyanchuk





Le cône actif entouré de son champs de coulées récentes. Image : Y. Demyanchuk

Le brassage du lac de lave en vue rapprochée. Image Y.Demyanchuk

Second point: côté effusion (coulées), la majeure partie de l'écoulement se fait, visiblement, à une large majorité en tunnels. Si des fronts actifs sont à chercher, il semble en effet que ce soit plutôt à l'endroit où le MODVOLC relève les signaux thermiques, donc à quelques kilomètres au sud-est, en aval. Les coulées en tunnels sont en effet invisibles pour le MODVOLC, seule la lave à l'air libre peut être repérée par le rayonnement thermique qu'elle dégage.


Tunnel de lave sur le volcan Tolbachik
Tunnel de lave dans le champs de coulées du Tolbachinky Dol. Image : Y. Demyanchuk

Au retour de cette mission, le professeur Demyanchuk livre son diagnostique quand au comportement de l'éruption en une courte phrase :"l'éruption du Tolbachik meurt peu à peu". Il semble en effet que l'activité, quoi qu'encore présente, ait semblé moins vigoureuse au volcanologue russe.
L'évolution du trémor, dont la valeur est relevée quotidiennement par le KVERT, est cohérente avec ses observations. Depuis mon précédent point concernant l'activité du Tolbachik, le trémor a poursuivit sa baisse progressive, entamée il y a presque 1 mois.

Evolution du trémor du volcan Tolbachik
Evolution de l'intensité du trémor depuis le départ de l'éruption jusqu'au 14 juillet 2013.


Sources: KVERT; rapport de terrain de Y.Demyanchuk, MODVOLC



12 juillet 2013

Petite emission de cendres au Nevado del Ruiz hier

L'INGEOMINAS indique dans un bulletin spécial émis hier soir qu'une phase de trémor a été enregistrée à partir de 11h43 (heure locale), mais sans préciser la durée de cette phase. Il semble que les volcanologues aient pu observer, via leur réseau de webcams, une émission de cendres d'environ 600 m de haut, avec une charge en cendres assez faible.

spectrogramme du volcan Nevado del Ruiz
Le spectrogramme (enregistrement de toute la gamme de fréquences sismiques) enregistré hier montre l'arrivée du trémor. Image : INGEOMINAS

Les gardes du Parc Naturel ont, de leur côté, fait savoir que de faibles chutes de cendres ont été observées à proximité de l'édifice, dans la Valle de las Tumbras (Cañon de Molinos) et à Brisas, porte d'entrée du parc.
Cette émission de cendres, très faible, n'a pu être observée par le VAAC de Washington, qui a tout de même émis une simulation de la dispersion des cendres.

Simulation de la dispersion des cendres du volcan Nevado del Ruiz
Simulation de la dispersion des cendres volcaniques. Image : VAAC de Washington
L'INGEOMINAS précise dans son bulletin que ce type de phénomène est tout à fait normal au niveau d'alerte dans lequel se trouve l'édifice (jaune).

Sources : INGEOMINAS; VAAC de Washington; La Prensa Escrita

11 juillet 2013

Bref sursaut dans l'activité du Veniaminof

Le suivi du trémor indique que ce dernier a entamé en toute fin de journée le 08 juillet une phase de hausse qui a duré jusqu'au 10, puis a été suivie d'une baisse progressive qui se poursuit actuellement.

Diagramme RSAM du volcan Veniaminof
Le diagramme RSAM (suivi du trémor) de la semaine en cours. Le tracé noir illustre le début du post. Image : AVO.


L'édifice a souvent été masqué par les nuages sur la webcam de Perryville pendant cette brève période mais elle semble avoir été marquée par une activité éruptive accrue.
Le premier indice en ce sens est une image de ladite webcam prise ce matin à 06h30 (heure française, soit le 10 juillet à 16h30 heure locale), alors que l'activité est encore supérieure à la normale d'après le diagramme RSAM. On y voit un panache de cendres, toujours d'une taille modeste mais tout de même plus important que celui qui se manifeste depuis le départ de l'éruption. Il est, en particulier, plus chargé en cendres, signe d'une explosivité accrue.


Panache de cendres sur la webcam qui surveille le volcan Veniaminof
Sur les images prises hier par la webcam on voit bien le panache de cendres. Image : FAA


Le second indice est l'image satellite MODIS prise hier soir. Elle montre qu'une large zone de la glace qui occupe la caldera, ainsi qu'une partie de celle se trouvant à l'extérieur, est salie par des dépôts de cendres récents, jusqu' à une dizaine de kilomètres de distance au moins.


Image satellite du volcan Veniaminof en éruption
Sur l'image MODIS l'extension du dépôt de cendres est bien visible. Image :NASA-MODIS


Actuellement les nuages sont à nouveau présents sur la webcam, mais sur la dernière image exploitable, prise à 12h57 (heure Française) aujourd'hui, on voit encore nettement une importante zone incandescente sur le cône.


Incandescence de l'éruption du volcan Veniaminof
Incandescence sur le cône actif aujourd'hui. Image : FAA.

A noter enfin que la coulée a été repérée le 04 juillet par le capteur EO1-ALI, en haute résolution.Il s'agit de la première image, et pour l'instant la seule, de cette phase effusive




L'AVO garde le niveau d'alerte aviation à l'orange.

Sources: AVO. FAA

Lac Nyos: évolution du dégazage...et possible retour des habitants

Préambule

Le Lac Nyos est installé dans le cratère d'un édifice qui fait partie du très vaste champs volcanique d'Oku, situé dans le prolongement de la cordillère volcanique camerounaise (Mont Cameroun- Tombel Graben-Manengouba). Ce champs volcanique est essentiellement composé de maars, de quelques cônes et dômes et visiblement d'un stratocône déjà bien érodé. Le Lac Monoun, qui avait lui aussi fait des victimes lors d'une phase de dégazage en 1984, n'est pas d'origine volcanique mais se trouve aussi dans les limites du champs volcanique d'Oku.
A part deux phases de dégazage brutal, dont celle de 1986, aucune activité historique n'a été recensée dans ce champs volcanique mais la fraicheur de certaines morphologies laisse penser que des éruptions ont peut -être eu lieu il y a quelques milliers d'années.
J'ai préparé une carte, non exhaustive, où se localisent quelques-uns des édifices (les plus faciles à repérer en fait) de la zone volcanique d'Oku, dont le Nyos.


Afficher Champs volcanic d'Oku sur une carte plus grande

Code couleur pour la carte :
- en blanc: maars
- en bleu: les dômes
- en vert: les cônes

21 août 1986.
D'après l'hypothèse la plus largement admise actuellement, en pleine nuit les eaux du lac Nyos (Lac Lwi), saturées en CO2, se soulèvent et se retournent en quelques minutes, probablement suite à l'effondrement d'une partie de la paroi du cratère qui accueille le lac et provoque son brutal dégazage. C'est ce que les spécialistes appellent une "éruption limnique".
Le CO2, plus lourd que l'air, se répand alors autour de l'édifice et tue, en majorité dans leurs sommeil, presque 1800 personnes et plus de 3500 têtes de bétail, instantanément asphyxiées.
Pour les survivants c'est un véritable cauchemar, qui attise les croyances de démons habitants les lacs. D'une certaine manière, on ne peut guère leur donner tord, car le CO2, inodore et incolore, ne peut être détecté par nos seuls sens: il est véritablement démoniaque!

1°- Côté survivants
Suite à cette catastrophe, ce sont 4500 personnes qui ont été évacuées et relogées dans 7 camps différents, où les conditions de vies sont restées très précaires depuis 27 ans. Or l'annonce a été faite en juin 2013 par le responsable du Comité pour la gestion de la catastrophe du Lac Nyos (Lake Nyos Disaster Management Comitee) et le gouverneur de la région nord-ouest que les personnes évacuées à l'époque pourraient, à une date qu'il reste à déterminer, retourner dans leurs habitations.
Le Ministère de l'Administration Territoriale et la Protection Civile Camerounaise ont annoncé, de leur côté, que des infrastructures étaient en train d'être mises en place (ou allaient l'être) vers le lac Nyos, afin de recevoir les habitants dans de bonnes conditions.


"Bonne nouvelle", dirait-on. Mais visiblement, cela soulève quelques problèmes, que pointent aussi bien les survivants de certains des camps (Upkwa, Kumfutu) que des ONG.

10 juillet 2013

L'activité s'intensifie au Sakurajima

C'est du moins ce que suggère l'accumulation rapide des bulletins du VAAC de Tokyo depuis trois jours.
En effet, cet organisme en charge de la surveillance des panaches de cendres, a mis en ligne pas moins de 22 bulletins depuis le 07 juillet, date à partir de laquelle leur nombre augmente. Rien qu'aujourd'hui, 6 d'entre eux ont été rédigés (9 hier).
L'édifice est en éruption quasi-permanente depuis 1955 et celle-ci est parfois plus intense. Or depuis le 07 juillet des cendres sont émises avec une plus grande fréquence et sont injectées par les explosions à une altitude un peu plus importante, actuellement entre 3500 et 4000 m. Ceci engendre leur dispersion sur une plus vaste superficie par le vent.

Ces émissions de cendres sont bien visibles ce matin sur les images MODIS et sur les webcams qui surveillent le volcan.

panache de cendres du volcan Sakurajima
Image MODIS de ce matin: les cendres sont bien visibles. Image : NASA-MODIS

image webcam du volcan Sakurajima
Le panache de cendres vu depuis Tarumizu (sud). Image : opentopia


Le VAAC de Tokyo, dont l'une des missions est de modéliser la dispersion des particules de cendres, prévoit que ces dernières vont se balader au-dessus de toute la partie est de Kyushu, et peut-être même jusqu'à la pointe sud de Shikoku, à un peu plus de 200 km à vol d'oiseau, au nord-est.

Modelisation de la dispersion des cendres du volcan Sakurajima
Modélisation de la dispersion des cendres émises aujourd'hui, en fonction des modèles météorologiques. Image : VAAC de Tokyo.

Sources : MODIS-NASA; VAAC de Tokyo.

Le Popocatepetl toujours très actif

L'édifice était encore bien actif hier soir avec l'alimentation continue d'un imposant panache de gaz contenant une charge en cendres toujours modérée.

Le panache vu ce matin par la webcam de San Nicolas de Los Ranchos (est). Image : webcmasdemexico.com
Le même panache vu par la webcam de Tochimilco (sud-est). Image : CENAPRED

Le CENAPRED indique continuer à enregistrer un trémor de haute fréquence et d'amplitude variable mais en décroissance depuis hier soir. C'est peut-être le signe que l'activité s'atténue actuellement. mais en surface l'éruption reste assez vigoureuse. Cette activité sismique est à relier:
- à la mise en place du dôme
- aux phases où il est le siège d'une activité explosive
- à l'émission de l'important débit de gaz qui produit le panache.

Mieux que l'image du dôme que le CENAPRED a fait circuler sur son site web hier, et que je vous avais transmise sur le post précédent, les volcanologues ont mis en ligne la vidéo du survol, effectué hier, lors duquel cette image a été prise. On voit un peu mieux le dôme à la fin de la séquence: il s'agit sans nulle doute d'une galette, que les volcanologues appellent plus scientifiquement dôme surbaissé.

 

Ce qui m'a particulièrement impressionné sur cette vidéo, c'est surtout le rythme de l'activité explosive: les projections s'enchainent à certains moments à une telle fréquence qu'on a parfois l'impression d'avoir un jet de lave quasi-continu, ce qui n'est pas le cas lorsqu'on y regarde de plus près.
La morphologie du dôme ("surbaissé") et le rythme élevé des projections, plaide pour un magma de viscosité modérée ce qui, en terme de risques, est plutôt un bonne nouvelle. D'autant plus que la taille du panache, qui le rend impressionnant, indique aussi que le dégazage se fait sans trop de difficultés et que le risque de surpression est faible. C'est d'autant plus vrai maintenant que l'activité sismique s’amenuise, ce qui pourrait indiquer que le magma commence a épuiser son stock de gaz.

De faibles chutes de cendres ont toutefois a nouveau été perçues hier en milieu de journée à Cuernavaca, à environ 60 km à l'ouest de l'édifice. A Morelos, juste au sud de Cuernavaca, des masques à poussières ont été distribué pour limiter les problèmes respiratoires liés à l’inspiration des cendres.


Masques à poussières pour lutter contre les chutes de cendres du volcan Popocatepetl
Les masques à poussières sont indispensables lors des chutes de cendres. Image : El Universal

Le niveau d'alerte jaune-3 est toutefois maintenu.

Pour faire un point visuel sur l'activité d'hier j'ai préparé un time-laps sur toute la journée. Malheureusement l'après-midi est dans les nuages.



Sources : CENAPRED; webcmasdemexico.com; El Universal

9 juillet 2013

Volcan Chirpoi: nouveau signal thermique

Le MODVOLC a repéré hier un nouveau signal thermique sur la côte sud de la petite île volcanique de Chirpoi, dans les Kouriles. C'est la première anomalie relevée par le MODVOLC depuis décembre 2012, même si d'autres, plus faibles donc invisibles pour le MODVOLC, avait été relevées jusqu'en avril-mai par le SVERT.


Anomalie thermique sur le volcan Chirpoi

Sa détection par le MODVOLC indique qu'il s'agit d'un signal assez fort. Ce pourrait donc être le signe d'un retour de l'activité éruptive sur l'île. Malheureusement les images prises ce matin par le MODIS ne montrent rien de particulier, pas même un petit panache de dégazage qui aurait confirmé une éruption en cours.

Image MODIS du volcan Chirpoi
Image MODIS prise ce matin: rien à signaler. Image : MODIS/NASA
Sources : MODVOLC, MODIS

Bientôt un nouveau volcan actif?

L'INGEOMINAS, à travers son observatoire volcanologique de Manizales, a commencé à développer un système de surveillance sur un nouveau volcan situé dans le département de Caldas. L'édifice, connu pour sa lagune, se nomme San Diego et se localise à environ 90 km au nord-est du Nevado del Ruiz, sur la commune de Samanà.


Afficher Localisation du San Diego sur une carte plus grande


Il s'agit pour l'instant d'un système très simple, constitué d'un unique sismomètre. L'objectif des volcanologues est double: 
a- savoir si ce système volcanique est encore actif
b- s'il l'est, analyser son comportement sur une période de plusieurs mois afin de déterminer quel est son niveau d'activité sismique normal. C'est à partir de ce niveau de référence que de futures modifications de la sismicité pourront être interprétées avec le recul nécessaire.



Modèle 3D du volcan San Diego
Modèle 3D du volcan San Diego. Image : Culture Volcan



Car le San Diego n'est, à proprement parler, pas un volcan actif pour le moment. Un volcan n'est en effet donné comme actif que si au moins une manifestation éruptive lui a été reconnue dans les 10000 dernières années, période qui correspond à l'Holocène pour les géologues. Ce volcan ne figure donc pas, par exemple, dans la base de données du Global Volcanism Program, référence mondiale qui recense tous les volcans actifs (donc Holocène). Par ailleurs je n'ai trouvé sur le net aucun article concernant des études faites sur ce volcan, signe que jusqu'à présent les volcanologues ne s'y sont que peu, voire pas, intéressé.

Actuellement le nombre de volcans répertoriés dans cette base est de 1521, mais il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'une valeur fixe. En fonction des études qui sont faites, des volcans holocènes peuvent être "déchus" et sortir de la liste, par exemple si des datations sont refaites, avec des techniques plus modernes ou plus éprouvées, et donnent des âges supérieurs à 10 000 ans. 65 édifices sont ainsi sortis de la liste ces 10 dernières années. A contrario, un volcan jusque là peu étudié peut, au cours des analyses, montrer des dépôts plus jeunes que 10 000 ans, ou entrer en éruption alors qu'il était considéré comme éteint: il est alors adoubé et entre dans la liste. Ce fut le cas par exemple récemment avec le Nabro (Erythrée), suite à son éruption de 2011-2012. Ce sera peut-être aussi le cas du San Diego d'ici à quelques années.

volcan San Diego, Colombie
La lagune du San Diego et le Morro de San Diego. Image :


Car si aucune manifestation volcanique secondaire ne semble actuellement visible sur le volcan (ni fumerolle, ni source chaude etc), la fraicheur de sa morphologie (au premier abord: une double petite caldera (maj: ou un double grand maar), dont l'un(e) contient un petit stratocône), dans un pays où l'érosion est assez intense, tend à faire penser à un volcan actif dans une période récente. Il faut entendre "récent" au sens volcanologique du terme:  l'unité de temps étant ici la centaine ou le millier d'années plutôt que l'année.
La toponymie semble aussi indiquer que des manifestations hydrothermales sont ou ont été présentes dans les temps historiques dans les environs du volcan. Ainsi, à 10 km à l'ouest se trouve le hameau de Los Thermales ("les eaux chaudes").

Nous verrons donc peut-être dans quelques mois ou années, un nouveau volcan actif arriver en Colombie.


Modèle 3D:
- données : ASTER (ASTER est un produit issu de la collaboration entre le METI et la NASA)
- logiciel de création : Generic Mapping Tools
- habillage: The Gimp 2.8


8 juillet 2013

Le point sur quelques éruptions en cours


L'activité éruptive se poursuit au Popocatepetl. Depuis samedi l'édifice alimente un abondant panache de gaz dont le contenu en cendres reste globalement faible. Parfois des phases plus explosives produisent des panaches riches en cendres mais ces derniers gardent une taille modeste.
De nuit, l'activité reste parfaitement visible car elle maintient un forte incandescence dans le cratère sommital. Parfois des projections de blocs et bombes retombent en dehors de ce dernier, mais n'affectent que les hautes pentes de l'édifice.
Le dernier bulletin du CENAPRED indique que lors d'un survol effectué hier, les volcanologues ont pu constater la présence dans le cratère sommital d'un nouveau dôme actif, large de 250 m environ.  La seule image disponible actuellement ne permet malheureusement pas de voir la morphologie du dôme en question. S'agit-il d'un dôme "normal", c'est-à-dire d'une masse de lave de très haute viscosité qui a, grosso modo, la forme d'un bol à l'envers? Ou s'agit-il plutôt d'une galette de lave,  faite d'une lave de moindre viscosité? Le détail à son importance car, dans le premier cas, le dôme constituerait un "bouchon" plus efficace.

Panache de gaz du volcan Popocatepetl
L'activité se manifeste en premier lieu par un dégazage très abondant. Le panache est très clair, pauvre en cendres. Image : CENAPRED
Panache de gaz et cendres du volcan Popocatepetl
Parfois quelques explosions produisent momentanément des cendres. Le panache devient alors plus sombre. Image : webcamsdemexico.com

Les explosions les plus importantes arrosent le sommet de l'édifice de bombes incandescentes. Image : CENAPRED
Photo du cratère sommital prise hier. Quelque part dans le panache, le dôme en cours de construction. Image : CENAPRED

Côté population de nombreux problèmes respiratoires et oculaires ont été recensés suite aux quelques

Signes d'activité sur Heard Island

Le MODVOLC a repéré hier un signal thermique au sommet d'Heard Island, île volcanique située au sud de Kerguelen (Océan Indien).
Il s'agit du premier signal repéré sur ce volcan depuis mai. Une activité éruptive marquée par la présence d'une coulée de lave sur le versant sud-ouest de l'édifice, avait été repérée courant mars grâce aux données satellites, seules à même de fournir quelques indications, l'île étant inhabitée.

Signal thermique au sommet du volcan Heard Island
L'anomalie thermique sur le Mawson Peak, sommet d'Heard Island. Image : MODVOLC

La présence de ces signaux thermiques est irrégulière, pour partie en raison de la présence presque continue de masses nuageuses importantes qui bloquent le signal et le rendent invisible aux satellites, et probablement aussi parce que l'activité éruptive est discontinue sur cet édifice.
La phase actuelle est, quoi qu'il en soit, de faible importance: les images MODIS, dont sont tirées les données du MODVOLC, ne montrent aucune trace de cendres (pas d'activité explosive ou alors très faible) ni même un panache de dégazage. Au vu de ce qu'à produit l'édifice dans un passé récent, il est tout à faible envisageable qu'un lac de lave, de taille modeste, soit responsable de ce signal thermique. Mais seules des observations plus nettes (observation directe ou imagerie satellitaire de haute résolution (par temps clair)) permettra d'avoir les détails de ce qu'il se passe.

Source : MODVOLC.

7 juillet 2013

Popocatepetl : le niveau d'alerte élevé d'un cran

Les autorités Mexicaines ont décidé hier après-midi d'élever le niveau d'alerte du Popocatepetl d'un cran : il est passé du jaune-2 au jaune-3.
Cette décision a été prise parce que l'édifice poursuit une phase éruptive intense, débutée le 03 juillet au soir et marquée par un trémor important.

Le dernier rapport du CENAPRED indique toutefois que l'activité a décliné ces dernières heures . La charge en cendres du panache a beaucoup baissé et le trémor est moins enregistré. Cependant la vigilance reste de mise car cette phase de calme relatif pourrait n'être que temporaire.

Les images de nuit de la webcam Tlamacas permettent de constater, quand l'édifice n'est pas dans les nuages, qu'une forte incandescence persiste à son sommet.

Incandescence au sommet du volcan Popocatepetl
Les lueurs incandescentes restent bien présentes au sommet de l'édifice. Image : CENAPRED.

Source : CENAPRED

Faibles émissions de cendres au Copahue

Le SERNAGEOMIN a abaissé hier le niveau d'alerte du Copahue au jaune, signe que l'activité est restée globalement faible depuis la date de leur dernier bulletin, le 13 juin. Depuis cette date toutefois l'édifice à maintenu un dégazage abondant, bien visible sur les webcams qui le surveillent, tant côté Chilien qu'Argentin.
A en juger par les mesures satellites faites hier par l'instrument AIRS, embarqué sur le satellite AQUA de la NASA, ce panache contient des quantités non négligeables de SO2 (Dioxyde de Soufre, gaz très présent dans les magmas). 

Anomalie en SO2 du volcan Copahue
L'anomalie en SO2 signe la présence du panache de dégazage du Copahue. Image : ESA.
Après avoir regardé les archives des images de l'ESA (qui produit l'image ci-dessus) et de l'OMI (Ozone Monitoring Instrument, géré par la NASA) il se trouve que cette anomalie est la première a être repérée depuis le 13 juin au moins (je ne suis pas remonté plus loin puisque les bulletins du SERNAGEOMIN vont jusqu'à cette date).
Mise à jour : le manque d'observation de SO2 depuis le 13 juin pourrait s'expliquer par le mauvais temps qui a régné sur cette partie du Chili ces derniers temps (merci à Guillermo Chile pour cette précision importante)

Cette seule observation d'une anomalie en SO2 ne m'aurait pas seule fait rédiger un post. Mais en regardant cette fois les archives des images du Centre International de Ski de Caviahue, l'une des villes les plus exposées aux risques volcaniques du Copahue, il est possible de constater que l'édifice émet, de manière irrégulière, des bouffées de cendres donnant au panache, généralement blanc, une teinte marron-brune. 
J'ai annoté deux images de cette webcam prises hier à environ 1 heure d'intervalle afin que les conditions de lumière soit très proches sur les deux images (pour éliminer la possibilité que la teinte brune soit dûe à un effet d'ombrage dans le dégazage). Leur comparaison ne laisse pas de doute quand à la présence de cendres.

Panache de dégazage du Copahue à 13h20. Image : CIS
Panache de dégazage du Copahue à 14h05. Image : CIS

Étant donné qu'il n'y a pas eu de mise à jour depuis le 13 juin par le SERNAGEOMIN (mise à part le changement du niveau d'alerte volcanique) il est impossible de savoir ce qui se passe actuellement sur l'édifice. Il serait notamment intéressant, et important, de connaitre le type de sismicité en relation avec ces émissions de cendres. Cela indiquerait si elles sont produites par la mise en place d'une nouvelle intrusion ou si, on contraire, elles ne sont que la conséquence normale de celle qui a eu lieu il y a un mois environ, et qui avait provoqué l’évacuation de plusieurs centaines de personnes tant côté Chili qu'Argentine.

A suivre!


Sources : CIS; ESA

6 juillet 2013

Io-Torishima (Iwo-Tori-Shima): un panache aurait été détecté ce matin

Le VAAC de Tokyo a émis ce matin un bulletin indiquant avoir reçu des informations quand à la présence d'un faible panache de cendres sur l'Iwo-Tori-Shima, édifice situé loin au sud des îles principales Japonaises, dans l'archipel des Ryukyu (préfecture d'Okinawa).
Le panache aurait été aperçu à une altitude d'environ 2000 m vers 02h15 TU, se dirigeant vers le nord.

le volcan Iwo-tori-shima
Vue de l'Iwo-Tori-Shima. Image: Wikimedia Commons.
L'image MODIS prise à 02h30 TU (soit un quart d'heure après que le panache ait été vu) ne permet pas de distinguer d'activité particulière sur l'édifice.

Image en "vraies couleurs" MODIS prise à 02h30 TU. On ne note rien de particulier. Image : MODIS/NASA

La même image mais en "fausses couleurs" ne montre rien de particulier non plus. Image : MODIS/NASA

Deux scénarios sont pour le moment possibles:
- soit le panache n'en était pas un. Il arrive parfois que les panaches soient confondus avec des nuages massifs mais l'image MODIS montre que de tels nuages n'étaient pas sur la zone au moment où le panache a été vu.
- soit une activité éruptive a bel et bien démarré sur cette petite île mais elle reste extrêmement faible.

Le second scénario est d'autant plus possible qu'historiquement les éruptions observées sur l'île ont majoritairement été de faible ampleur.

Nous verrons si, par la suite, d'autres observations sont faites qui confirmeraient ou non cette activité.


Sources : VAAC de Tokyo; MODIS; Global Volcanism Program; Wikimedia Commons