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23 février 2015

Un nouveau venu en Colombie: le volcan El Escondido (mis à jour 25 février)

Je vous contais, en juillet 2013, la découverte d'un nouveau volcan potentiellement actif en Colombie, le San Diego.
Les volcanologues Colombiens viennent d'annoncer la découverte d'un petit frère situé non loin de là, à 17 km au sud-ouest, dans le même département de Caldas. Pour le moment les analyses qui ont été faites n'ont pas permis de révéler qu'il s'agit d'un volcan actif: les seuls âges qui ont été déterminés donnent 30 000 ans, ce qui n'en fait pas un volcan Holocène (= entre 0 et 10000 ans), mais de

9 juillet 2013

Bientôt un nouveau volcan actif?

L'INGEOMINAS, à travers son observatoire volcanologique de Manizales, a commencé à développer un système de surveillance sur un nouveau volcan situé dans le département de Caldas. L'édifice, connu pour sa lagune, se nomme San Diego et se localise à environ 90 km au nord-est du Nevado del Ruiz, sur la commune de Samanà.


Afficher Localisation du San Diego sur une carte plus grande


Il s'agit pour l'instant d'un système très simple, constitué d'un unique sismomètre. L'objectif des volcanologues est double: 
a- savoir si ce système volcanique est encore actif
b- s'il l'est, analyser son comportement sur une période de plusieurs mois afin de déterminer quel est son niveau d'activité sismique normal. C'est à partir de ce niveau de référence que de futures modifications de la sismicité pourront être interprétées avec le recul nécessaire.



Modèle 3D du volcan San Diego
Modèle 3D du volcan San Diego. Image : Culture Volcan



Car le San Diego n'est, à proprement parler, pas un volcan actif pour le moment. Un volcan n'est en effet donné comme actif que si au moins une manifestation éruptive lui a été reconnue dans les 10000 dernières années, période qui correspond à l'Holocène pour les géologues. Ce volcan ne figure donc pas, par exemple, dans la base de données du Global Volcanism Program, référence mondiale qui recense tous les volcans actifs (donc Holocène). Par ailleurs je n'ai trouvé sur le net aucun article concernant des études faites sur ce volcan, signe que jusqu'à présent les volcanologues ne s'y sont que peu, voire pas, intéressé.

Actuellement le nombre de volcans répertoriés dans cette base est de 1521, mais il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'une valeur fixe. En fonction des études qui sont faites, des volcans holocènes peuvent être "déchus" et sortir de la liste, par exemple si des datations sont refaites, avec des techniques plus modernes ou plus éprouvées, et donnent des âges supérieurs à 10 000 ans. 65 édifices sont ainsi sortis de la liste ces 10 dernières années. A contrario, un volcan jusque là peu étudié peut, au cours des analyses, montrer des dépôts plus jeunes que 10 000 ans, ou entrer en éruption alors qu'il était considéré comme éteint: il est alors adoubé et entre dans la liste. Ce fut le cas par exemple récemment avec le Nabro (Erythrée), suite à son éruption de 2011-2012. Ce sera peut-être aussi le cas du San Diego d'ici à quelques années.

volcan San Diego, Colombie
La lagune du San Diego et le Morro de San Diego. Image :


Car si aucune manifestation volcanique secondaire ne semble actuellement visible sur le volcan (ni fumerolle, ni source chaude etc), la fraicheur de sa morphologie (au premier abord: une double petite caldera (maj: ou un double grand maar), dont l'un(e) contient un petit stratocône), dans un pays où l'érosion est assez intense, tend à faire penser à un volcan actif dans une période récente. Il faut entendre "récent" au sens volcanologique du terme:  l'unité de temps étant ici la centaine ou le millier d'années plutôt que l'année.
La toponymie semble aussi indiquer que des manifestations hydrothermales sont ou ont été présentes dans les temps historiques dans les environs du volcan. Ainsi, à 10 km à l'ouest se trouve le hameau de Los Thermales ("les eaux chaudes").

Nous verrons donc peut-être dans quelques mois ou années, un nouveau volcan actif arriver en Colombie.


Modèle 3D:
- données : ASTER (ASTER est un produit issu de la collaboration entre le METI et la NASA)
- logiciel de création : Generic Mapping Tools
- habillage: The Gimp 2.8


20 mai 2013

Nevado del Ruiz : le point sur la situation

La crise sismique qui a débuté mi avril au Nevado del Ruiz connait depuis une semaine une période de calme. De nouvelles secousses enregistrées dans la nuit du 12 au 13 mai semblaient indiquer le départ d'un troisième essaim de secousses mais ce dernier n'as pas eu lieu.

Evolution de la sismicité au volcan Nevado del Ruiz
Évolution de la sismicité depuis début avril.




Modèle 3D de la sismicité du volcan Nevado del Ruiz
Un modèle 3D des essaims sismiques permet de mieux voir leur position et leur morphologie.


La situation semble donc, pour le moment en tout cas, s'être stabilisée au sein de l'édifice, qui ne manifeste, en surface, qu'un dégazage plus ou moins important. Les volcanologues de l'INGEOMINAS maintiennent bien entendu le niveau d'alerte jaune et continuent une surveillance rapprochée.

Panache de gaz du volcan Nevado del Ruiz
Le dégazage du Nevado del Ruiz ce matin (début de nuit en Colombie). Image INGEOMINAS

Source : INGEOMINAS



17 mai 2013

Les actus volcaniques du jour : 17 mai 2013

Actuellement les deux zones où se poursuivent des activités éruptives notables, sont l'Alaska et le Mexique mais d'autres zones sont sous surveillance.



Afficher Volcans du jour sur une carte plus grande

Pavlov, Etats-unis, 2519 m

L'éruption se poursuit et semble même s'être un peu intensifiée. Au sommet une activité explosive de type "fontaine de lave" est en cours et continue d'alimenter une phase effusive (coulée de lave) sur le flanc nord-ouest du volcan. Cette activité génère un panache de cendres pas très dense mais qui s'étire néanmoins jusqu'à une centaine de kilomètres et constitue donc une gêne importante pour le trafic aérien dans la zone (voies aériennes denses entre Kamchtka-Japon et Etats-Unis).

Le panache de cendres du volcan Pavlov, Alaska
Le panache de cendres du Pavlov qui s'étire vers le sud-est, vu hier soir. Image : NASA-MODIS

Ces cendres sont à la fois produites par la fontaine de lave (activité explosive) et par la progression de la coulée qui semble génèrer, en se déstabilisant, de petits écoulements pyroclastiques (à confirmer). Il alimente aussi un abondant panache de vapeur, produit par l'intéraction entre la coulée de lave et la neige.

L4activité du volcan Pavlov, Alaska
L'activité du Pavlov, vue hier par un pilote de ligne. Image : Theo Chesley

La sismicité reste globalement stable mais le trémor (signal lié à l'éruption) se manifeste sous la forme de "cycles" où alternent des phases de plus forte amplitude. Cela pourrait suggérer une alimentation en magma avec un débit discontinue (lorsque le débit est haut, le trémor est haut etc.) mais les volcanologues n'ont pour le moment pas donné d'analyse de ce signal.

Le trémor fonctionne par cycles de quelques heures, qu'il reste encore à expliquer. Image : AVO


Bonne nouvelle pour l'atmosphère en tout cas! La quantité de SO2 rejeté par cette activité est infime. Les détecteurs satellites captent à peine le signal atmosphérique:

Ouvrez bien grands vos yeux: les petites tâches colorées encerclées sont la trace du SO2 libéré par l'activité en cours.

Sources : AVO; SACS.

Mise à jour 15h30. Le VAAC d'Anchorage a élevé le niveau d'alerte aviation au rouge dans la zone du Pavlov ce matin à 09h05 TU (Temps Universel). L'activité ne semble pas avoir changé et il s'agit probablement plus d'une mesure de précaution liée à la densité du trafic aérien dans cette zone du globe

Popocatepetl, Mexique, 5465m

L'édifice, qui reste en alerte jaune niveau 3, est toujours le siège d'une activité intense. Au cours de la nuit, au moins deux explosions puissantes (22h14 et 00h28 heure locale), ont de nouveau arrosé toute

13 mai 2013

L'actu volcanique - 13 mai 2013


L'INGEOMINAS indique que, depuis cette nuit, 23:08 (heure locale), la crise sismique débutée mi-avril connait une recrudescence. Les secousses sont toujours localisées au nord-ouest du cratère actif (Arenas), à des profondeurs comprises entre 4 et 6 km. Les magnitudes sont toujours modérées mais l’origine volcano-tectonique de la fracturation reste la source principale d'interrogation pour la suite des événements. Ce type de secousse est en effet le résultat, en général, de mouvements de fluides (magma ou autres) qui, sous pression, fracturent la roche.

la crise sismique du volcan Nevado del Ruiz
La crise sismique actuelle du Nevado del Ruiz. On voit bien qu'elle a déjà connu deux phases distincts.

Le graphique ci-dessus montre que cette crise à déjà connu deux phases distincts, la première en avril et la seconde entre fin avril et le 10 mai. Cette seconde phase s'est mise à place à une moindre profondeur. Après deux jours de repos, il se pourrait donc qu'une troisième phase débute mais nous ne pourrons le savoir que dans quelques jours.
En attendant les autorités sur place continuent de mettre à jour les protocoles de gestion de crise.

Sources : INGEOMINAS; Caracol Radio.

Kizimen, Russie, 2376 m

L'édifice est toujours en éruption. Celle-ci se manifeste par une lente extrusion de lave visqueuse qui

9 mai 2013

Nevado del Ruiz : le point sur l'activité

Une sismicité anormale se maintient sur le Nevado del Ruiz, toujours localisée au nord-ouest du sommet (cratère Arenas). Les secousses restent d'origine volcano-tectonique et celles dont la magnitude dépasse 2 sont généralement ressenties par les habitants les plus proches de l'édifice.
La crise à migré au cours du temps: débutée entre 6 et 9 km de profondeur, elle s'est arrêtée un court moment pour reprendre, fin avril/début mai entre 4 et 6 km de profondeur.

sismicité du volcan Nevado del Ruiz
Évolution de la profondeur des hypocentres au Nevado del Ruiz depuis janvier 2013
Les volcanologues de l'INGEOMINAS ne décrivent rien de particulier en surface mais l'édifice maintient un dégazage relativement important.
Le Parc Naturel de Los Nevados indique, de son côté, que le nombre de visites a chuté depuis le début d'année, en raison de la crise sismique en cours. Plusieurs milliers de personnes sont généralement comptabilisées chaque mois mais en avril seules 730 personnes ont pénétré dans le parc.
Le niveau d'alerte reste pour le moment au jaune-3.

Pour des informations complémentaires, n'hésitez pas à (re)lire le compte-rendu que j'avais rédigé le 24 avril dernier
Sources : INGEOMINAS; La Prensa Escrita.