Si au Bardarbunga c'est le statu quo pour le moment, ce n'est pas le cas pour Stromboli qui continue de produire une abondante effusion de lave.
Depuis mon précédent post l'activité a continué de montrer une certaine instabilité, accompagnée de quelques menu changements.
Le moins directement visible d'abord: la fissure qui sert de source aux coulée a un peu changé de
Le VSI a mis en ligne un bulletin qui explique la décision prise d'élever le niveau d'alerte à 3 ("Siaga") aujourd'hui.
Depuis fin juillet l'activité sismique est de plus en plus importante, constat réalisé à partir de la mesure du RSAM (un moyen de suivre l'amplitude des secousses, c'est-à-dire l’énergie qu'elles libèrent). L'activité explosive, strombolienne, est actuellement assez intense avec des projections pouvant monter à plusieurs centaines de mètres de hauteur et des panaches de cendres dont la hauteur peut dépasser les 2000 m. La fréquence des explosions tend aussi à augmenter d'ailleurs.
C'est une nouvelle étonnante qui est parue en janvier de cette année mais qui n'a, étrangement, pas fait de bruit (moi-même je suis tombé dessus complètement par hasard): les laves du Tolbachik émises par l'éruption de 2012-2013 contiennent des diamants!
L'étude a été publiée par une équipe menée par Evgenii Gordeev, de l'Institut de Volcanologie et de Sismologie de Pétropavlovsk, et fait partie d'une série d'articles consacrés à cette éruption, spectaculaire à plus d'un titre, appelée du doux nom de FTE-50(Fissure Tolbachik Eruption, for the 50th anniversary of the Institut of the Volcanology and Sismology).
L'activité éruptive se poursuit sans vraiment changer. Les évent éruptifs apparus d'abords le 05 puis le 25 juillet sont toujours alimentés en magma. De son côté le trémor a connu une hausse à partir du 26 juillet qui se poursuit mais moins rapidement depuis hier soir (il est presque stagnant maintenant).
Les deux spatter-cones apparus le 05 juillet, alignés sur une fissure éruptive, continuent d'alimenter le champs de coulées qui s'élargit toujours peu à peu. Cependant il n'y a que peu d'images faites de
Le volcan reste le siège d'une activité explosive et d'une sismicité qui la font classer dans la norme "modérée" définie par l'IGEPN.
Tant en fréquence d'explosions que de niveau de sismicité, cette éruption n'est effectivement pas majeure, loin s'en faut. Ces derniers jours les explosions ont pu être mieux observées, du fait d'une amélioration temporaire de la météo et à des conditions d'observations relativement moins...humides. On peut voir sur les deux webcams fonctionnelles de l'Institut (l'infrarouge semble HS) se succéder des panaches
Vous vous souvenez forcément de cette activité explosive puissante dont les images ont fait le tour de la planète le 30 mai dernier. Cette éruption, inattendue et surprenante de part sa puissance et la courte durée tant de ses signes précurseurs (aux dernières nouvelles seulement 10 heures d'activité sismique anormale) que l'activité paroxysmale elle-même avec un panache principale qui s'est élevé jusqu'à 15
Le volcan reste le siège d'une activité explosive qui connait de manière plus ou moins régulière des phases d'intensification. C'est le cas depuis le 18 juillet, date à laquelle la fréquence des explosions a augmenté, tout comme leur intensité. Les volcanologues de l'INSIVUMEH avaient alors édité un bulletin spécial indiquant que la possibilité de voir se mettre en place une nouvelle coulée était importante, ce qui arrive relativement fréquemment. Le risque au Fuego de coulées de lave trop alimentées est leur instabilité qui génère des écoulements pyroclastiques. Quatre jours après le
Le Geohazard a mis hier en ligne un rapport qui fait état de la production, par les deux cratères actifs (Marum et Benbow) d'un très grand volume de SO2.
Ce gaz, bien visible (sur les images satellites en vraie couleur) de par sa teinte bleutée, s'étendait hier jusqu'à plus de 700 km de l'édifice à l'est et plus de 300 km au nord-est, couvrant une surface d'environ 100 000 km². Je vous ais annoté une image MODIS prise hier afin de bien visualiser l'extension du panache en question.
Le dégazage bleuté d'Ambrym vu hier par le MODIS. Image : NASA/MODIS
Ce dégazage est à relier à l'activité des deux lacs de lave, qui semblent toujours très actifs actuellement, comme le montrent les données du MODVOLC prisent sur 1 mois, et une image EO-1 ALI prise le 17 juin. Des dépôts de cendres très récents ont en outre été observés, signe tangible de la vigueur de l'activité des lacs.
Scène EO-1ALI du 17 juin. On voit bien le double panache de l'Ambrym: 1 par lac de lave.
Les anomalies thermiques trahissent la présence des deux lacs de lave
Le bulletin indique que, pour le moment, le niveau d'activité est maintenu à 1. Si cette activité reste élevée ou s'accentue elle passera probablement à 2. Les volcanologue indiquent aussi qu'un tel dégazage constitue la source:
* de problèmes pour les villages exposés. Les pluies acides peuvent endommager les cultures, corroder les objets métalliques.
* d'une situation à risques pour toute personne voulant approcher des cratères.
Cela faisait déjà plusieurs jours que l'IGEPN parlait dans ses rapports d'une sismicité à nouveau en hausse sur le Reventador. Mais la couverture nuageuse, abondante dans la zone équatoriale (surtout aux portes de l'Amazonie où se situe l'édifice) empêchait toute observation sur la webcam.
Jusqu'à ces dernières heures, où une météo plus clémente , quoique toujours très humide, a permis de repérer certains des panaches de cendres de cette nouvelle phase éruptive.
Un premier panache de cendres à 19h03 TU. Image : IGEPN
Un second panache de cendres à 21h10 TU. Image : IGEPN
Ces images indiquent que l'activité explosive est modérée, avec en particulier une fréquence assez faible (environ 1 explosion/heure). Les panaches quand à eux sont assez riches en cendres. Le second s'est produit à un moment ou le ciel était suffisamment dégagé pour qu'il puisse être aperçu par un pilote d'avion, qui a transmis l'information au VAAC de Washington. Ce pilote a estimé l'altitude atteinte par le panache à environ 4900 m, soit une hauteur de 1400 m par rapport au sommet de l'édifice (3562 m).
Cette phase d'activité plus intense a en réalité débuté le 14 juin après une légère hausse du trémor constatée la veille. A ce moment là, les volcanologues de l'IGPEN font déjà état, à peu près tous les jours, de rares explosions assez faibles sur l'édifice. Mais le 14 juin, ce sont pas moins de 65 d'entre elles qui sont recensées et depuis, cette activité ne cesse de décliner progressivement (45 explosions le 15 juin, 25 le 16 juin etc...jusqu'à 8 explosions hier, dont celles capturées par la webcam).
L'Université de Bristol (Angleterre) pilote actuellement un projet de surveillance géophysique sur deux édifices volcaniques actifs de la section Ethiopienne du Rift-Est Africain: l'Alutu et le Corbetti.
Ces deux volcans, situés respectivement à 150 et 200 kilomètres au sud de la capitale Éthiopienne, Addis-Abeba, ont été choisis par l'équipe du docteur Juliet Biggs , géophysicienne spécialisée dans la détection des déformations en zone volcanique par la technique dite d’interférométrie radar (InSAR).
Modèle 3d du volcan Alutu. Image : Culture Volcan
Modèle 3d du volcan Corbetti. Image : Culture Volcan
Son équipe avait en effet détecté, grâce à des données acquises entre 2009 et 2010 par le satellite EnviSat, de fortes déformations sur plusieurs édifices de la zone. Les plus importantes d'entre elles avaient été localisées sur les volcans Alutu et Corbetti: quasiment 2.8 cm en 1 an. Le volcan Alutu avait déjà connu auparavant d'importantes déformation, déjà révélées par la même technique (10-15 cm entre 2004 et 2008).
les franges colorées sont le signe d'une déformation importante. Image : J. Biggs, University of Bristol
Le problème des volcans situés dans cette portion du Rift East Africain est assez simple à comprendre:
- il n'existe aucun suivi de l'activité (sismicité, déformation). Or les déformations mesurées par l’interférométrie indiquent que les chambres magmatiques de ces volcans sont toujours très actives.
- l'histoire géologique de ces volcans est extrêmement parcellaire et donc, pour ainsi dire, inconnue. De facto il est difficile d'imaginer des scénarios éruptifs cohérents avec leur histoire géologique.
- le magmatisme en zone de rift est d'une grand complexité et reste un vaste champs de recherche encore emplit de questions sans réponses (mais ça viendra). Ceci implique qu’actuellement il est très difficile de comprendre réellement les déformations observées.
- et enfin toute la zone est fortement occupée par l'homme et ses activités économiques, qu'il s'agisse:
* de villes de taille moyenne (Shashamané, 100 000 habitants environ près du Corbetti) ou d'un nombre relativement élevé de villages.
* les infrastructures de communications qui vont avec (routes, ponts, petits aéroports etc.)
* des zones cultivées, dont la surface est très importante.
* des industries qui exploitent ou testent le potentiel géothermique de la région.
*des parcs Nationaux ou des Réserves Naturelles (Amora Gedel;Abidjatta-Shalla; East Langano;Senkele Wildlif Sanctuary).
Quelques données géographique dans al zone des volcans Alutu et Corbetti. Image Culture Volcan
L'équipe du docteur J.Biggs a donc installé sur le terrain neuf GPS qui vont acquérir des données toutes les 15 secondes sur l'élévation du sol en divers points, à proximité de ces deux volcans. La densité d'informations ainsi récoltées va permettre d'affiner l'"image" de ce qui se passe dans leurs tréfonds et, par là même, d'évaluer avec plus de pertinence la situation pour les populations de cette zone du rift (risque faible/fort?, imminent ou non? etc).
Si vous êtes anglophones, n'hésitez pas à écouter directement les explications du Dr Biggs en personne.
J'ai proposé il y a quelques jours un premier "tour d'horizon" afin de faire, avec vous, un point sur diverses situations en cours. Actuellement, d'autres zones connaissent aussi une activité éruptive. Aujourd'hui direction le Guatemala, la Papouasie Nouvelle-Guinée puis le Kamchatka.
Une activité éruptive, faible, semble avoir redémarré au Pacaya. Les bulletins de l'INSIVUMEH décrivent à nouveau une incandescence visible de nuit et de faibles explosions dont les bombes retombent parfois sur les pentes externes du cône Mac Kenney. En l'absence d'images de cette activité, je vous fais passer ici le sismogramme d'aujourd'hui, sur lequel on note une certaine...agitation.
Sismogramme du volcan Pacaya aujourd'hui. Le trémor est présent, ainsi que quelques signaux d'explosions, et peut-être quelques éboulements.
Les derniers bulletins de l'INSIVUMEH font état d'une légère recrudescence de l'éruption en cours avec la mise en place d'une nouvelle coulée sur le versant sud depuis le 14 juin. Elle est actuellement longue d'environ 200 m. Au sommet une activité strombolienne modérée est toujours en cours.
La lente extrusion de la galette de lave visqueuse se poursuit à rythme faible ces dernières semaines. Sur les 4 coulées épaisses encore actives en mars, seule celle qui se dirige vers le sud semble encore alimentée actuellement.Su les images fournies par la webcam de l'INSIVUMEH on peut apercevoir , côté sud, ce qui ressemble à un couloir d'avalanches de blocs. Il s'agit probablement là du site correspondant à ce que l'INSIVUMEH décrit dans ses bulletins comme "coupole sud " ("cupula sur").
Image annotée de la webcam de l'INSIVUMEH, datée du 14 juin 2013. Image : INSIVUMEH
Par ailleurs, quelques explosions se produisent toujours au sommet comme le montre cette image prise aujourd'hui.
Panache de cendres sur le Santiaguito, signe d'une activité explosive modérée. Image : INSIVUMEH
L'édifice reste le siège d'une activité éruptive, vraisemblablement assez faible, c'est-à-dire sur la lancée de ce qui a été décrit par le bulletin du Global Volcanism Program du 15 au 21 mai dernier.
Une anomalie thermique est toujours visible sur les données MTSAT de ce matin, anomalie aussi visible il y a deux jours sur les images Landsat 8, accompagnée d'un panache de dégazage.
Sur les données MTSAT de ce matin, on voit l'anomalie thermique (point rouge) dans la zone encadrée. Image : MTSAT
Scène Landsat 8 prise le 14 juin. Le point rouge au centre est le signe de très hautes températures. On voit un léger panache de dégazage qui pert vers le nord-ouest. Image: Landsat 8
Détection d'une haute concentration de SO2 à proximité du Manam, le 13 juin. Image : OMI
Le dôme poursuit sa lente extrusion au sommet de l'édifice et génère fréquemment des avalanches de blocs, en grande partie de taille modeste. Parfois (mais c'est rare) des fragments plus volumineux se détachent et génèrent alors d'importants écoulements pyroclastiques, comme ce matin par exemple.
L'écoulement pyroclastique au plus fort de sa progression. Image KVERT.
La fin de l'écoulement pyroclastique est marqué par la mise en place d'un panache assez important. Image : KVERT
Le KVERT maintient un niveau d'alerte orange pour cet édifice.