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6 juillet 2014

Que se passe-t-il sur le volcan Etna? (mis à jour 07 juillet 16h21)

Je n'ai que peu de temps avant d'aller au travail mais il me semble interessant de vous faire part de cette observation: une anomalie thermique est apparue hier à la base du versant est du Cône Nord-Est. Le phénomène à débuté précisément à 12h09 TU(14h09 en France) et n'a cessé de s'accentuer par la

16 septembre 2013

L'éruption du Tolbachik retracée grâce au MODVOLC

Actuellement il est difficile de dire si une activité éruptive se poursuit sur Tolbachinsky dol, zone de fissures éruptives ouvertes au sud du volcan Tolbachik. Les données du MODIS exploitées par l'Université de Tokyo continuent de détecter de hautes températures dont on ne sait pas si elles sont le signe de coulées toujours alimentées ou un signal thermique résiduel, rémanent, laissé par l'importante masse de coulées accumulées durant ces mois d'éruption et en cours de refroidissement.
Sur la webcam en tout cas, plus rien n'est visible. La sismicité reste faible et le mot "trémor" n'est plus du tout utilisé par le KVERT.

Modèle Numérique de Terrain du volcan Tolbachik
Modèle numérique en 3 dimensions du massif du Tolbachik. Le nord est en haut. Image : Culture Volcan

Pour ma part, ayant suivi au quotidien cette éruption depuis son commencement, j'ai pensé qu'il serait intéressant d'essayer d'en retracer l'évolution en image. Fasciné par la cartographie (sans être particulièrement spécialisé dans ce domaine par ailleurs) j'ai pensé qu'il serait intéressant de revivre cette éruption grâce au MODVOLC, algorithme développé par l’Institut de Géophysique et de Planétologie d'Hawaï. Ce dernier filtre les données envoyées par les satellites MODIS (AQUA et TERRA) et retient les anomalies thermiques qui possèdent des caractéristiques particulières. Il permet ainsi de trier la multitude de signaux pour isoler ceux qui sont d'origine volcanique. Ces signaux ont l'avantage d'être repérés dans l’espace et le temps: en clair ils possèdent des coordonnées géographiques, une date et une heure d'acquisition.

Exemple de données thermiques fournies par le MODVOLC. Ici l'éruption en cours à Hawaï. Image : MODVOLC

Il ne reste plus ensuite qu'à faire apparaitre ces signaux sur une carte de son choix, puis d'animer le tout pour faire apparaitre progressivement chacune des anomalies détectées entre novembre 2012, départ de l'éruption, et août 2013 pour produire une sorte d'"anomalie thermique globale" de l'éruption.

Voilà le résultat, plutôt marrant je trouve.




Cette vidéo permet en particulier de voir le changement qu'à connu l'éruption en début d'année, lorsque les coulées ont commencé à s’épancher sur le versant est de Tolbachisky Dol. Entre novembre 2012 et janvier 2013 en effet, le fort débit éruptif a provoqué la mise en place de longues coulées qui se sont progressivement accumulées sur le versant ouest, jusqu'à une distance d'environ 15 km. Le débit se stabilisant après la mi-décembre, les coulées ont parcouru moins de distance mais ont continué à s'accumuler sur le versant ouest jusqu'en février. On voit qu'à ce moment de l'éruption, les coulées délaissent le versant ouest et affectent le versant est de Tolbcahinsky Dol. Le débit n'étant pas aussi fort qu'au départ de l'éruption, les coulées ne vont pas aussi loin. Les signaux thermiques s'accumulent alors sur un espace restreint, qui contraste avec la forme très allongée de l'anomalie sur le versant ouest.


Sources:

Les données sont celles du MODVOLC

La carte topographique a été réalisée grâce au logiciel libre Generic Mapping Tool et aux données de topographie ASTER (les données ASTER sont issues de la collaboration entre le METI et la NASA).

La programmation a été réalisée sous linux 10.04 (Lucid Lynx) en shell.

1 juin 2013

Le Paluweh (Rokatenda) toujours en éruption

La principale difficulté avec des éruptions situées sur une île à laquelle peu de personnes accèdent est d'avoir une idée claire de la situation et de son évolution dans le temps.
D'un point de vue strictement volcanologique, il est par exemple difficile de dire si l'éruption se poursuit, quelle est son intensité, quels sont les phénomènes qui dominent, etc.
C'est l'une des raisons pour lesquelles la surveillance satellite s'est tellement développée ces dernières decennies.

Concernant le Paluweh (Rokatenda), situé en face des côtes de Flores, en Indonésie, les images acquises par le MODIS et LANDSAT 8 donnent quelques informations, forcément incomplètes, mais toujours intéressantes.

Avant de commencer ce post, je vous propose de faire un point en image sur la zone du Paluweh. Pour cela j'ai annoté une image Google Earth qui montre la localisation du dôme actif et les deux principaux couloirs (ravines)  impactées par les écoulement pyroclastiques. Cela vous permettra de mieux visualiser la suite.

image Google Earth du volcan Paluweh (Rokatenda)
Localisation du dôme et des des couloirs qui canalisent les écoulements pyroclastiques. Image : Google Earth

Le MODVOLC, tout d'abord, a permis de constater la présence d'anomalies thermiques avant-hier. Elles sont situées aussi bien au niveau du dôme lui-même que dans la vallée qui s'ouvre au pieds de son versant ouest sud-ouest. Il se pourrait donc qu'il y ait encore des effondrements de dôme dans ce secteur mais cela reste à confirmer car la position des anomalies thermiques est parfois sujettes à de légères variations : il pourrait donc s'agir d'une anomalie sommitale mal positionnée.


Anomalies thermique du volcan Paluweh (Rokatenda)
Les anomalies thermiques repérée par le MODVOLC (données MODIS). Le nord est en haut .Image : MODVOLC.
La présence de ces anomalies est le signe que l'édifice reste actif car la carapace solidifiée d'un dôme en cours de refroidissement n'émet pas un rayonnement suffisant pour pouvoir être repéré par le MODVOLC.

L'image capturée hier par LANDSAT8 (lancé en février 2013) permet, quand à elle, de voir le panache de dégazage du dôme et d'estimer la surface de la zone impactée par l'éruption. Celle-ci est d'environ 9.5 km², ce qui semble être un maximum.
Pour information : la relativement faible définition de l'image est liée au fait qu'elle est produite à partir, entre autres, de longueurs d'onde thermique (gammes 10.60 - 11.19 µm et 11.50 - 12.51 µm) qui permettent d'atteindre une définition max de 100m/pixel.

image satellite du volcan Paluweh (Rokatenda)
Composition colorée  LANDSAT 8, acquise le 31 mai. Source : USGS


Avec les seules images satellites on ne peut pas savoir si les effondrements de dôme se poursuivent et continuent de générer des écoulements pyroclastiques, bien que la présence d'un panache de cendres repéré le 23 mai par le VAAC de Darwin permette de supposer que c'est le cas. Mais attention, ce panache pourrait aussi bien avoir été créé par une phase de dégazage intense, ce que les volcanologues appellent le "Ash Venting". 
Ceci étant dit si l'on compare la vidéo tournée le 16 décembre 2012 par Aris Yanto avec une photo mise en ligne sur panoramio le 30 mars 2013 (toutes deux ci-dessous), on peut avoir quelques informations.



Photo du volcan Paluweh (Rokatenda)
Le couloir sud. Photo mise en ligne le 30 mars mais prise à une date indéterminée. Image : Harry Janto

Tout d'abords on peut constater que le delta de cendres créé par les écoulements pyroclastiques fin décembre, bien visible sur la vidéo, a été largement entaillé par le ruissellement. Cela est sans doute le signe que la fréquence des écoulements pyroclastiques avait déjà diminué avant le 30 mars 2013, date de mise en ligne de la photo. Ce constat est valable au moins dans le couloir sud où la vidéo et la photo ont été prises. On ne peut rien dire sur le couloir sud-ouest sans images.

On peut aussi constater qu'entre le moment où la vidéo et la photo on été prises, les écoulements pyroclastiques ont littéralement dévasté la couverture végétale du couloir sud. Dans la partie amont, il ne reste rien de la végétation luxuriante qui s'accrochait à la roche avant l'éruption. Dans sa partie aval, côtière, seul le versant est du couloir (à droite de la photo) a été fortement impacté.

Au vu de ces données, on peut dire que l'activité semble se poursuivre au Paluweh et que le dôme reste actif. Mais il est impossible de dire avec certitude si les écoulements pyroclastiques sont encore présents et il semble que l'activité soit maintenant modérée.

Le VSI, en tout cas, maintient le niveau d'alerte à l'orange.

Sources : Aris Yanto; VSI; Google Earth, Panoramio; USGS; MODVOLC

23 avril 2013

Les actus du jour- 23 avril 2013

Il n'y a aujourd'hui pas grand chose à se mettre sous la dent en terme d'actualités volcaniques. Autant en profiter pour faire un point sur une éruption qui passe inaperçue, celle du Chirpoi, dans les Kouriles, dont voici une carte topographique que j'ai réalisée pour l'ACTIV avec Generic Mapping Tools.



L'éruption de ce volcan a débuté vers le 11 novembre 2012 sur le cône Snow, cône historiquement actif de ce petit archipel volcanique. Des coulées ont été repérées sur les images satellites, en particulier en raison du panache de vapeur qu'elles produisaient en arrivant en mer.


Image MODIS non traitée (d'où la mauvais qualité) du panache de vapeur , prise le 16 novembre 2013.