Affichage des articles dont le libellé est AVO. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est AVO. Afficher tous les articles

29 mai 2013

Pavlov : les niveaux d'alerte abaissés

L'AVO a pris la décision hier d'abaisser les deux niveaux d'alerte, "aviation" et "volcanique", d'un cran, les ramenant respectivement au jaune et à "Advisory" (niveau 2 sur 4).
La décision a été motivée par:
* une très faible sismicité
* l'absence de signaux d'explosions depuis au moins 3 jours que ce soit sur les enregistrements sismique ou de pression atmosphérique.
* l’absence de signaux thermiques en imagerie satellitaire.

tracé RSAM du volcan Pavlov
Le tracé du RSAM montre un calme plat. Image : AVO.


Source : AVO

22 mai 2013

Pavolv (Alaska): petit point sur l'activité


L'éruption se poursuivait hier et alimentait un panache haut de 7000 m environ. Mais l'évolution actuelle du trémor pourrait indiquer une baisse de l'activité depuis hier soir.

tracé RSAM lié à l'éruption du volcan Pavlov
tracé RSAM lié à l'éruption du volcan Pavlov
Suivi u trémor grâce à la mesure RSAM (mesure de l'amplitude) de l'onde sismique de type "trémor". Images : AVO.

Je précise "pourrais" car au moment où je rédige ce post, l'AVO n'a pas encore mis en ligne de bulletin d'information et aucune des images prises ces dernières heures par la webcam de Cold Bay n''étais dégagée (mauvais temps). Le VAAC d'Anchorage signal tout de même qu'une anomalie thermique a été observée 09H10 TU et que la fontaine était encore active à 09h35 TU.  On ne sait donc pas si l'activité ce soir est malgré tout resté constante (à priori non) ou à diminué. Mais en attendant le prochain rapport de l'AVO voilà quelques images de l'éruption, vue depuis l'ISS (Station Spatiale Internationale) le 18 mai. 

Eruption du volcan Pavlov vue depuis l'ISS
Image: NASA

Eruption du volcan Pavlov due depuis l'ISS
On voit bien le panache sombre s'étirer jusqu'à l'horizon. Image NASA
J'en profite ici pour me faire le relai du blogger américain Peter Webley (analyste des données spatiales pour l'AVO jusqu'à...il y a quelques jours), sur le blog duquel j'ai trouvé les images ci-dessus, qui a souhaité transmettre un article de la revue Nature concernant l'impact de la baisse des moyens. Il est notamment expliqué comment, pour garder un travail, des scientifiques comme Peter Webley doivent se tourner vers des entreprises privées.
Un article particulièrement intéressant, à lire à cette adresse.

Source : blog de Peter Webley; AVO.


Mise à jour 23 mai : Le dernier bulletin de l'AVO est tombé dans la nuit. La baisse de trémor est confirmée et  les volcanologues indiquent que des signaux sismiques sporadique semblent indiquer la présence d'une activité explosive faible.  Étant donné que le sommet de la couverture nuageuse se localise vers 4500  d'altitude et que le panache ne le dépasse pas, il est clair que l'activité a baissé en puissance: avant-hier, l'altitude atteinte par le panache était encore de 7000m environ.

19 mai 2013

Eyjafjöll, Katmaï: même en sommeil, les volcans peuvent poser des problèmes aux avions...

Tout le monde se souvient de l'éruption de l'Eyjafjöll, le maintenant célèbre volcan islandais dont les cendres avaient causé d'importantes perturbations du trafic aérien en Europe. "On est tranquille maintenant qu'il dort!" penserons certains. Et bien non.

Car ce serait oublier que le vent est, lorsqu'il est suffisamment fort, capable de remobiliser les dépôts de cendres et de créer de véritables "panaches secondaires" tout aussi problématiques que ceux émis pendant une éruption.

Panache de cnedres "secondaire" de l'Eyjafjöll
Panache de l'Eyjafjöll dû à la mise en suspension de cendres par un vent violent, en mai 2010. Image NASA

C'est ce qu'il se passe actuellement (et en fait de manière relativement fréquente) en Alaska avec le volcan Katmai-Novarupta, obligeant même le VAAC d'Anchorage à éditer ce matin, un bulletin sur lequel il est précisé " NO ERUPTION. THIS IS RESUSPENDED ASH".
Le Katmaï fut le siège, en juin-juillet 1912, de l'une des plus importantes éruptions du siècle dernier. Les écoulements pyroclastiques (ignimbrites) comblèrent les vallées environnantes, donnant naissance à la "vallée des 10 000 fumées". Or un siècle plus tard, ce dépôt peu encore pauser des problèmes aux avions qui passent non loin de l'édifice, générant à chaque coup de vent suffisamment fort, des panaches secondaires.


Les cendres du volcan Katmai
Cendres de l'éruption de 1912, remobilisées par le vent hier, détectées par satellite. Image: P Webley
Les cendres vu volcan Katmaï
Cendres de l'éruption de 1912, remobilisées par le vent en 2003, détectées par satellite. Image: NASA

Bilan: non contents de devoir slalomer entre les cendres et gaz du Pavlov et du Cleveland les pilotes qui empruntent aujourd'hui les lignes aériennes du nord pacifique doivent aussi tenir compte des cendres de volcans en sommeil! Souhaitons-leur bonne chance. Le problème est malheureusement d'autant plus sérieux que, compte-tenu de la crise économique, les crédits accordés à la surveillance volcanique en Alaska ont baissé drastiquement. L'Alaska Volcano Observatory se voit ainsi dans l'incapacité de renouveler le matériel de surveillance de plusieurs édifices et de laisser tomber des projets de mise en place de nouveau matériel sur des volcans non équipé (le Cleveland, justement).

Couloirs de vol en Alaska. Les triangles rouge et noir sont les volcans actifs (en sommeil ou non). Image : USGS

Il reste l'imagerie satellitaire, mais cette dernière est moins précise qu'un relevé géophysique (déformation, sismicité) et plus contraignante, les données satellites n'étant exploitables que plusieurs heures après leur acquisition (le temps, pour un panache, de parcourir plusieurs centaines de kilomètres). Ainsi, l'AVO sera désormais moins réactive si l'un des 52 volcans de l'arc des Aléoutiennes, au-dessus duquel passent la majeure partie des lignes aériennes qui relient les Etats-Unis au Kamchatka et au Japon, se réveille. Or l'AVO est le premier maillon de la chaîne d'alerte aux pilotes de la présence de cendres : le risque pour l'aviation dûe aux éruptions est donc monté d'un cran. Dit autrement: la crise incite le gouvernement a un peu plus miser sur la chance et moins sur la science pour sa gestion des risques volcaniques (pour mémoire: les Etats-Unis  comptent plus de 150 volcans actifs  sur leur territoire dont environ 60% en Alaska).


image : ADVOCNAR

Pour avoir un point de vue "de l'intérieur" de ce problème, qui n'est que l'un des visages des conséquences de la crise, je vous conseil de lire le très intéressant point de vue d'Erik Klemetti: "Sequestering scientific discovery" (en anglais).

Sources : NASA; blog de P.Webley; blog d'Erik Klemetti.

13 mai 2013

Pavlov en éruption ?

Pavlov; Etats-Unis, 2519 m

L'édifice connait depuis ce matin une hausse de sa sismicité, accompagné de la présence d'une anomalie thermique au niveau de la zone sommitale.

Anomalie thermique sur le volcan Pavlov, Alaska
Le point lumineux est l'anomalie thermique repérée à 16h23 TU aujourd’hui. Image : Université d'Alaska.
L'AVO a de fait émis un bulletin qui indique que le niveau d'alerte aviation est élevé à l'orange, bien que la sismicité soit en décroissance pour le moment, et estime très possible qu'une activité éruptive modérée ait débuté sur l'édifice. Les volcanologues attendent une confirmation visuelle de cette activité mais la météo est pour le moment complètement bouchée.

tracé du sismogramme du volcan Pavlov, Alaska
Le tracé du sismogramme du Pavlov en temps réel.  Image : AVO.

Deux secousses, au moins, avaient été repérées, à une minute d'intervalle, à 5.6 et 7.8 km de profondeur à l'aplomb du volcan le 24 avril. Il est toutefois difficile de dire si ces secousses ont un quelconque lien avec la situation actuelle.

Source : AVO.