20 juillet 2014

Nouvelle effusion sur Stromboli, sismicité toujours anormale au Cerro Negro de Mayasquer et Sabancaya

Stromboli,Italie, 926 m

Un nouvel épisode d’effusion s'est déroulé hier matin, très semblable à ce qui s'était produit les 48 heures précédentes. L'évent était le même, à savoir une bouché située sur la pente nord du cône N2, qui a libéré cette coulée à partir de 02h25 TU à peu près. Elle a tranquillement progressé dans la pente de la Sciara del Fuoco, accompagnée d'une série d'éboulement de blocs incandescentes,
effritement logique de son front dans la forte pente. L'effusion n'a duré qu'une partie de la matinée: vers 12h00 TU le show était déjà terminé.

Chronologie de la 11ème coulée du Stromboli. Images: INGV

L'activité strombolienne reste intense, mais semble toutefois moins vigoureuse que celle du moins de juin et début juillet: le spectacle n'en reste pas moins superbe.

Source: INGV


Cerro Negro de Mayasquer, Frontière Colombie-Equateur, 4445m


Les volcanologues des deux pays continuent, dans leurs rapports conjoints, de décrire une sismicité intense, particulièrement au sud-ouest du cône Chiles. Cette sismicité connait, d'une semaine sur l'autre, une variation du nombre de secousses: plus de 1800 une semaine, un peu plus de 1500 la suivante pour remonter à plus de 1800. Dans le dernier rapport publié cette semaine, la baisse est assez marquée, avec un peu moins de 700 secousses, ce qui reste une sismicité largement anormale. La plupart d'entre elles sont toujours liées à la fracturation des roches sous l'édifice, c'est-à-dire au sein de la croûte. Les épicentres restent relativement peu profonds (entre 3 et 10 km de profondeur) et accompagnent une déformation légère est toujours enregistrée sur le cône Chiles. Celle-ci connait des variations depuis le mois d'avril.

Le volcan Chiles à la frontière Colombie Equateur
Le volcan Chiles vu de l'ouest. Image: Bernardo Andrade Tapia, via wikipedia
Sources: IG-EPN; Observatoire de Pasto

Sabancaya, Pérou, 5967m

La situation a peu évolué depuis le précédent post mais le dernier rapport de l'Institut de Géophysique du Pérou indique que la sismicité reste intense. Les secousses produites par la fracturation connaissent en particulier un net regain depuis la semaine dernière et un essaim de secousse s'est particulièrement focalisé à une douzaine de kilomètres au nord-est de l'édifice. Seul hic: on ne connait pas la profondeur de ce foyer de secousses.

Evolution de la sismicité sur le volcan Sabancaya entre juin et juillet 2014
Evolution de la position des secousses au Sabancaya entre juin et juillet. On voit sur l'image de droite l'essaim décrit dans le rapport de l'GP. Images: IGP-Montage: Culture Volcan

Le 14 juillet a été particulièrement marqué: ce jour-là une forte hausse à la fois le nombre de secousses dues à de la fracturation mais aussi celles produites par la circulation des fluides a été enregistrée. A contrario les secousses dites "hybrides", que les volcanologues associent aux mouvement de magma, sont assez faibles: le dit magma ne semble pas beaucoup s'être déplacé ces derniers temps. En surface pour le moment seul un dégazage relativement important est observé, formant un panache haut de 500 à 600m. Sa teinte bleutée ne laisse pas de doute sur la présence de gaz magmatiques mais il est décrit comme "passif": le gaz sort tranquillement du sol, sans véritable surpression et sans bouffées successives.

Tout cela indique que le système d'alimentation du Sabancaya reste instable mais, pour le moment, aucune certitude n'est formulée quand à une éventuelle éruption. Il est clair que de ce type de situation la probabilité qu'une activité éruptive démarre est plus importante, mais cela ne veut jamais dire qu'il y a une certitude quand au commencement d'une éruption. Reste donc à attendre, et à voir.

Source: rapport de l'I.G.P / Merci à Jorgé Andrès Concha Calle de l'équipe de communication de l'IGP.

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