3 décembre 2014

Spéciale amérique latine avec un point sur l'activité des volcans Fuego, Copahue, Reventador (mis à jour 05 décembre)

Reventador, Equateur, 3562 m

L'activité du Reventador continue d'être décrite par l'IGEPN comme modérée mais elle n'en demeure pas moins bien présente. Passons en revue ses principales caractéristiques pour ces dernières semaines.

Les images délivrées par les webcams ont, durant le mois de novembre, permis de constater que le sommet du cône actif a continué d'être le siège d'une activité explosive à l'origine de quelques panaches de cendres quasi-quotidiens. 
La fréquence et l'importance des explosions ont visiblement été variables: comme pour toute activité éruptive, il n'existe pas de parfaite stabilité dans le temps et on assiste  toujours à des phases plus
intenses que d'autres. Pendant les moment les plus calmes, le sommet du cône actif montre la présence d'une galette de lave, ce que l'on appelle "dôme surbaissé", qui a remplit le cratère actif. 

Le dôme de lave surbaissé du volcan Reventaodr, 09 novembre 2014
Le cône actif du Reventador et la galette de lave sombre qui occupe le sommet. Image: IGEPN
Lorsque l'activité devient un peu plus intense, ont voit diverses manifestations apparaitre sur les images.
Ainsi, de temps à autres, un écoulement pyroclastique a pu se mettre en place, affectant surtout le versant ouest ou sud-ouest du cône.
Ecoulements pyroclastiques du volcan Reventador, novembre 2014
Écoulements pyroclastiques sur le volcan Reventador. Images: IGEPN
Cependant ce sont surtout des blocs, roulant dans la pente parfois jusqu'en base de cône, qui ont pu être repérés le plus fréquemment via la webcam thermique de l'IGEPN. Leur origine est variable: certains retombent suite à des explosions, d'autres sont transporté par des écoulements pyroclastiques mais continuent de rouler après le dépôt,etc.

Eruption du volcan Reventador vue en imagerie thermique, 12 novembre 2014
Dépôt à haute température laissé par une explosion ou un écoulement pyroclastique. Un bloc, ou groupe de blocs, a roulé jusqu'en bas du cône. Image: IGEPN
L'IGEPN note aussi dans un rapport spécial mis en ligne le 19 novembre qu'une courte coulée de lave avait pu se mettre en place sur le versant nord-ouest du cône actif. Les images thermiques faites au cours d'un survol le 10 novembre en effet semble aller dans ce sens mais la coulée est restée invisible aux webcams. La source de cette langue de lave est la base nord-ouest du dôme surbaissé.

Coulée de lave du volcan Reventador, 10 novembre 2014
Une zone rectiligne à très haute température signe la présence d'une coulée de lave récente. Image: IGPEN

Les période de hausse d'activité sont en outre marquée par la présence, au sommet du cône, d'une très forte incandescence, visible aux webcams normales, ce qui n'est pas vraiment fréquent. Il y a en eu à plusieurs reprises en novembre et une nouvelle phase a débuté le 02 décembre, et s'est poursuivie cette nuit.

Eruption du volcan Reventador, début décembre 2014
L'activité du Reventador en ce début décembre. Images: IGEPN
Cette hausse d'activité n'a pas échappé au système de détection des anomalies thermiques Italien MIROVA* qui a relevé un fort signal aujourd'hui.

Signaux thermiques du volcan Reventador, 03 décembre 2014
Fort signal thermique relevé par le MIROVA aujourd'hui. Image: MIROVA/ Université de Turin


L'activité du Reventador reste donc globalement modérée mais varie dans le temps entre des phases calmes dominées par un dégazage et des pics plus intenses où la fréquence et l'intensité des explosions augmentent, tout comme la température sur le dôme surbaissé.


*tout comme le MOVOLC américain, il détecte les signaux thermiques reçu par les satellites MODIS (TERRA et AQUA). La manière de traiter les données et leur affichage en ligne sont différents, mais le principe est similaire.

Mise à jour 05 décembre, 11h08

L'activité éruptive produit une nouvelle coulée de lave. Elle s'écoule depuis le dôme surbaissé sur le versant sud-ouest du cône actif. Difficilement visible sur les images des webcams normales, elle se révèle en revanche clairement sur la webcam infrarouge installée par l'IGEPN.  Elle a parcouru environ 600m depuis qu'elle a commencé à se former le 02 décembre.


Sources: IGEPN; MIROVA

Copahue, Chili-Argentine, 2965m

Le volcan reste en alerte jaune mais n'est pas vraiment revenu à une activité normale. Le cratère d'El Agrio reste en effet le siège d'émissions de cendres, modérées, qui peuvent durer des dizaines d'heures sans interruption, puis laisser place à un simple et très modeste dégazage. De nuit, les moments les moments d'activité intense sont marquées par une forte incandescence.

Activité éruptive du volcan Reventador 01 décembre 2014
L'activité du Copahue le 01 décembre. Images: SERNAGEOMIN
Mise à jour 21h06

Le volcanologue Robin Campion était au Chili pour un workshop sur les gaz magmatiques mais, ayant un peu de temps avant de renter au Mexique, où il travail actuellement, des collègues et lui ont décidé de grimper au Copahue hier.
Quelle bonne idée!!!!
Je vous laisse avec la vidéo qu'il a faite là-haut, qui montre que l'activité est devenue magmatique, et vous met le lien vers le compte-rendu complet de ses observations, sur son blog.



Merci à Kaptaine_Kroket de m'avoir fait passer ce lien.

Source: SERNAGEOMIN; @kaptaine_kroket

Fuego, Guatemala, 3763m

L'activité explosive est toujours présente au sommet du Fuego. Elle est décrite comme modérée à forte depuis quelques jours et c'est vrai que certaines explosions sont particulièrement impressionnantes, par rapport à l'activité habituelle disons. La dénotation de certains d'entre elles sont été entendues à plus de 30 km de distance fin novembre et début décembre. L'activité a connu un pic à ce moment-là avec 6 à 8 explosions par heures, fréquence qui diminue en ce moment.


Activité éruptive du volcan Fuego, 02 décembre 2014
L'activité explosive du volcan Fuego en ce moment. Image: INSIVUMEH/USAID/Mihigan Tech
Malgré tout elles restent dans les clou d'une activité normale pour ce volcan et nombreuses ont été les phases qui, ces dernières années, ont été d'une intensité similaire.

Sources: INSIVUMEH/USAID/Michigan Tech


Sabancaya, Pérou, 5967m

L'activité de l'édifice se résume à une sismicité toujours supérieure à la normale et à du dégazage. La sismicité est assez stable depuis le mois de septembre, bien que l'IGP relève une lègère hausse cette dernière semaine.
Sismicité du volcan Sabancaya, juillet-novembre 2014
Evolution de la sismicité du Sabancaya depuis le mois de Juillet. Image: IGP
Le panache de gaz, dont la composition est dominée par la "vapeur"** d'eau, est toujours présent mais sa densité varie parfois fortement en fonction des conditions atmosphériques: à certains moments de la journée il semble ainsi beaucoup plus volumineux car la vapeur d'eau qu'il contient se condense en plus grande quantité.

Panache de gaz du volcan Sabancaya, 02 décembre 2014
Le même panache, le même jour mais celui degauche est plus imposant. Images: OVI

Jorge Andrès Concha Calle, de l'Institut de Geophysique Péruvien (IGP), a eu la gentillese de me faire savoir qu'une équipe était montée au sommet pour faire des prélèvement des gaz émis. Grâce aux images qu'il m'a faites passer on peut constater que le fond du cratère est couvert de dépôt de soufre et que le dégazage, certes important, n'est pas très dense néanmoins. Les volcanologues de l'IPG en ont profité pour faire des mesures sur le dégazage afin d'avoir plus d'informations quand à la source qui le produit.

Le cratère du volcan Sabancaya, fin novembre 2014
Le fond du cratère du Sabancaya est tapissé de soufre jaune. Image: IGP

LEs volcanologues de l'IGP au travail sur le cratère du volcan Sabancaya, fin novembre 2014
LEs volcanologues de l'IGP en train de faire des mesures (températures?) au bord du cratère. Image: IGP


Merci à Mr Concha Calle et à l'IGP pour l'envoie de ces images.

Source: Jorge Andres Concha Calle; Rapport IGP

** ce n'est pas de la vapeur que l'on voit sur les images mais des gouttelettes d'eau liquide. La vapeur d'eau est invisible à l'oei nu.

3 commentaires:

  1. Bonjour!

    Sur la vidéo du Copahue, ne serait-ce pas des gaz enflammés? Ou alors la fontaine de lave est particulièrement violente?

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    1. Bonjour.
      Ce qui sort est un mélange de gaz et cendres à haute température, donc incandescents en effet (mais pas en combustion: il n'y a pas de feu sur les volcans bien qu'il puisse y a voir des flammes).
      Le jet est impressionnant mais reste d'une ampleur modeste. Robin Campion, qui était sur place et est l'auteur des images, serait mieux à même que moi pour vous donner des détails (blog en lien) :)

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