2 février 2014

Sinabung: l'après catastrophe

L'accident qui a coûté la vie à au moins 16 personnes (bilan non définitif) hier est d'autant plus triste que l'activité qui a généré l'écoulement est une activité d'intensité modeste. Il était clair que le risque pour Suka Meriah était devenu plus élevé depuis le 30 janvier, sans que l'activité n'augmente (voir mise à jour en date de ce jour pour comprendre pourquoi), date où les premiers écoulements ont commencé à emprunté la ravine ouverte juste en face du village. Pourtant il
semble que personne sur place n'ait expliqué pourquoi/comment une activité même modeste pouvait générer un risque fort. Par ailleurs, aucune mesure de protection, comme des barrages filtrants, n'a été mis en place. Or, la majorité des victimes pour l'instant recensées sont visiblement des touristes indonésiens, des étudiants et des membres d'un mouvement chrétien indonésien venu faire du secours social. Ces personnes n'auraient jamais ddû pouvoir accéder à ce village...mais elles ignoraient le risque réèl.

La fuite devant un écoulement pyroclastique du volcan Sinabung
L'écoulement pyroclastique meurtrier vu depuis le nord-est. L'image est impressionnante, tout comme l'écoulement, mais ne traduit pas une hausse de l'intensité de l'éruption. Image: Sutanta Aditya/AFP


Ce qui est clair en tout cas c'est qu'en aucun cas ce qui s'est passé hier n'est le signe d'une recrudescence de l'intensité éruptive, comme on peut le lire un peu partout dans les journaux. C'est ce que je trouve le plus triste dans cette situation: cet accident arrive alors même que l'activité du volcan poursuit son progressif déclin et que des précurseurs de la catastrophe ont pu être relevés (les écoulements pyroclastiques entre le 30 janvier et le 1er février). Le dernier rapport du VSI indique en effet que la sismicité, qui reste encore a un niveau élevé, maintient une tendance à la baisse, notamment sur les signaux profonds (déplacement de magma, en vert et en noir ci-dessous)). Depuis début janvier par ailleurs le nombres de séismes hybrides (en bleu ci-dessous), associés à l'extrusion du dôme, sont aussi relativement faibles et, après un tout petit pic autour du 20 janvier, en décroissance. Signe que l'activité reste modeste actuellement: il ne semble pas y avoir eu d'écoulement pyroclastique aujourd'hui (rien de flagrant sur la webcam en tout cas).


Evolution de la sismicité. Image: PVMBG

Les journaux locaux indiquent que la recherche d'autres corps se poursuit, avec masques et bouteilles d'oxygène car le dépôt dégaze diverses molécules potentiellement mortelles (CO2, SO2 notamment). Il est  tout à fait possible que d'autres victimes soient recensées dans les jours qui viennent. Les autorités maintiennent visiblement un planification du retour des réfugiés, dont le compte officiel est actuellement de 30117 personnes. Si l'activité poursuit son déclin, les habitant d'au moins 16 villages (un peu plus de 13000 personnes) situés à plus de 5 km de distance pourraient retourner chez elles dès la semaine prochaine. Dans une seconde étape, un peu plus de 15000 personnes dont les habitations se trouvent entre 3 et 5 km de distance pourrait regagner leur toit fin février/début mars. Pour les personnes qui vive(ai)nt à moins de 3 km de distance, dont les évacués de Suka Meriah, le retour n'est pas programmé mais remplacé par un déplacement définitif vers des zones plus sûres. Le gouvernement à prévu la construction de logements parasismiques mais le déménagement ne semble pas obligatoire: ceux qui souhaiterons profiter de ce programme recevrons 50 000 roupies par jour et par famille (3€ au cours actuel de la roupie indonésienne).

Sources: Sutanta Aditya; VSI;  Liputan6

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