7 mai 2017

Activité toujours soutenue sur le volcan Bagana

Bien qu'il n'y ait pas d'images directe de cette activité, tous les signaux extérieurs sont là pour témoigner d'une activité éruptive permanente et plutôt importante sur cet édifice loin de tout...sauf des quelques villages situés à son pied.
Ce volcan est pourtant l'un des plus actifs de la planète, avec une activité éruptive continue, ou quasi-continue, depuis des années. Elle se déroule sous la forme d'une lente extrusion de lave visqueuse à l'origine d'un dôme qui occupe le sommet, et déborde sur les flancs. Mais au cours des pics d'activité, le volume de ce dôme augmente, il déborde encore plus et finit même par lentement s'étaler dans la pente, formant des coulées de lave visqueuse. Parfois, comme en 2016, des écoulement pyroclastiques se mettent en place lors de ces pics.

Depuis le début de l'année 2017 le MIROVA a continué d'enregistrer des signaux thermiques, assez intenses, sur le volcan. Conjointement, le VAAC de Darwin a publié assez fréquemment des bulletins indiquant la présence de panache de cendres en provenance de l'édifice, même si il semble que les panaches en question étaient essentiellement constitués de gaz, d'après ce qui pouvait être observé sur les images satellites. Des panaches qui s'étirent parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres, ce qui est déjà un indicateur d'une activité assez (voire très) soutenue.

Un panache, essentiellement gazeux mais très long (environ 100 km pour la partie rectiligne, plus de 250 km si l'on compte la partie gauche, où le panache est dispersé, étalé), le 25 avril 2017. Image: MODIS/NASA

Il reste tout à fait possible, voire très probable, que de faibles quantités des cendres soient produites, soit par la survenue d'explosions par exemple (envisageable vue la quantité de gaz libéré) soit par des effondrements de dôme sur les flancs. Les deux sont d'ailleurs compatibles : ce n'est pas soit l'un soit l'autre.
Les données du MIROVA suggèrent que l'activité à pu devenir un peu plus importante courant mars car un pic bien marqué d'activité thermique a pu être détecté. Toutefois, pour le moment, rien n'indique qu'il y ait eu autre chose qu'une extrusion mais la zone étant souvent recouverte de nuages, il n'est pas facile d'y constater d'éventuels changements (nouvelles coulées , nouveaux dépôts etc.).

Un nouveau pic d'activité thermique courant mars pourrait indiquer que l'activité s'est momentanément intensifié..mais de quelle manière? Image: MIROVA

Cette activité extrusive est visible sur les données satellites plus précises que le MODIS, mettant en œuvre les signaux thermiques captés par SENTINEL2 ou LANDSAT 8. L'une des images, prise par LANDSAT 8 le 04 avril dernier, a attiré mon attention car à côté du signal thermique sommital, produit par le dôme, on peut y distinguer un autre signal plus faible, situé sur le haut versant ouest, zone totalement inhabitée. Une fois exclue la possibilité que la source soit anthropique (écobuage par exemple) reste un lien avec l'activité éruptive: mais lequel? Pas facile d'en identifier l'origine, mais vue sa faible extension, le fait qu'on ne le retrouve pas dans les images prises après avant ni après, il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'un dépôt très récent* d'une avalanche de blocs ou d'un petit écoulement pyroclastique issu du dôme.

Possible avalanche de blocs ou dépôts très récent d'écoulement pyroclastique sur le versant ouest du Bagana. Image: LANDSAT8- NASA/USGS

* c'est-à-dire qui se serait produit très peu de temps avant le passage du satellite

Sources: MIROVA; LANDSAT 8-NASA/USGS; MODIS/NASA

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